Selon les chercheurs en épigénétique, nos gènes seraient susceptibles d'être modifiés par des événements extérieurs...
À la fin des années 1990, la communauté scientifique se prend à rêver : grâce au décodage du génome humain, on pourra bientôt guérir toutes les maladies ; l'ADN est une bible qu'il suffit de savoir lire pour comprendre le fonctionnement de l'organisme. À l'époque, on estime le nombre de gènes humains à cent mille. Très vite, au fur et à mesure que le décodage progresse, le chiffre décroît. "Finalement, explique Michael Skinner, de l'université d'État de Washington, on s'est aperçu que l'homme n'avait pas plus de gènes qu'une vulgaire plante !" À peine trente mille : pas de quoi expliquer la complexité de son fonctionnement ! Parallèlement, Marcus Pembrey, professeur à l'Institut de la santé infantile du University College de Londres, fait une découverte troublante : deux maladies sur lesquelles il travaille, les syndromes de Beckwith-Wiedemann et de Prader-Willi, ont pour origine le même chromosome défectueux. Plus curieux encore : lorsque ce chromosome vient du père, c'est le syndrome de Prader-Willi qui se développe ; quand il vient de la mère, c'est celui de Beckwith-Wiedemann qui apparaît. Comment expliquer qu'un même gène soit à l'origine de deux maladies ? Soit la transmission ne se fait pas uniquement par les gènes ; soit un gène est modifié par son parcours antérieur et conserve, en quelque sorte, la mémoire de sa propre histoire.